Le gouvernement veut lever l’un des principaux freins au retour à l’emploi. Désormais, les bénéficiaires de l’aide sociale directe qui intègrent le marché du travail pourront cumuler leur salaire et leur allocation pendant une période de douze mois.
La mesure, adoptée à l’unanimité par la Chambre des conseillers, s’inscrit dans la stratégie de réforme de la protection sociale engagée par l’Exécutif. Son objectif est clair : encourager l’accès à l’emploi déclaré sans pénaliser les ménages qui dépendent encore de l’aide publique pour équilibrer leur budget.
Sur le terrain, de nombreux bénéficiaires hésitaient à accepter un emploi par crainte de perdre immédiatement leur soutien financier. Cette appréhension concernait particulièrement les familles les plus vulnérables, pour lesquelles la disparition de l’allocation pouvait représenter un risque financier important.
Pour répondre à cette réalité, le gouvernement instaure une période transitoire d’un an durant laquelle les nouveaux salariés du secteur privé continueront de percevoir l’intégralité de leur aide sociale directe. Une mesure qui concerne potentiellement plusieurs millions de foyers inscrits au programme.
Le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, a expliqué que ce mécanisme vise également à combler le décalage existant entre l’embauche d’un salarié et l’ouverture effective de certains droits sociaux.
En effet, un travailleur nouvellement affilié à la CNSS doit attendre plusieurs mois avant de bénéficier des allocations familiales. Le maintien de l’aide sociale pendant douze mois permet ainsi d’assurer une continuité des revenus et d’éviter toute période de fragilité financière au moment de l’insertion professionnelle.
La réforme prévoit également un mécanisme de protection supplémentaire. En cas de perte d’emploi, le bénéficiaire pourra retrouver automatiquement son droit à l’aide sociale directe, quelle que soit la raison de la rupture du contrat de travail.
À travers cette disposition, le gouvernement entend transformer l’aide sociale en un levier d’intégration économique plutôt qu’en un simple dispositif d’assistance. L’ambition affichée est d’accompagner les bénéficiaires vers une insertion durable dans l’économie formelle tout en leur garantissant une protection durant cette phase de transition.
Pour l’Exécutif, l’enjeu dépasse la seule question des allocations. Il s’agit de créer les conditions permettant aux ménages les plus fragiles de construire progressivement leur autonomie financière sans renoncer à la sécurité que leur offre aujourd’hui le système de protection sociale.


